Patrimoine communal

Présentation générale

Eglise de la Ramade
L'église de La Ramade
Eglise de Lagrange
L'église de Lagrange
Eglise de Biot
L'église de Biot
Temple de Baffignac
Le temple de Baffignac
Piéta de Soulègre
La piéta de l'église de Soulègre
Église de Soulègre
L'église de Soulègre
Temple de Baffignac
Le temple de Baffignac
Église de Soulègre
L'église de Soulègre
Église de Jaladieu
L'église de Jaladieu
Église de Cambous
L'église de Cambous

La commune de Fontrieu est riche d’un passé patrimonial qui s’est enrichi au cours des siècles. On peut noter dès le 13ème siècle, la présence probable du château de Ferrières, qui va vivre une longue, et parfois sanglante histoire. Elle est riche d’un patrimoine religieux bâti. Pas moins de six églises (Notre-Dame de Jaladieu, Saint-Jacques de Ferrières, Saint-Julien de Biot, Saint-Louis-Madeleine de Lagrange et Saint-Laurent de Soulègre, avec sa piéta inscrite au titre des Monuments Historiques depuis 1976, et un temple à Baffignac, également inscrit depuis 2015, parsèment le territoire. Au 19ème siècle fut construit le couvent d’Ouillas et sa rotonde, classée aux Monuments Historiques et assortie d’un chemin de croix.

Stèle de la Pierre Plantée de Larénas
La Pierre Plantée de Larénas
Stèle de Longuecamp
Stèle de Longuecamp
Croix de Lalioque
Croix de Lalioque
Croix de Ferrières
Croix de Ferrières
Croix du curé
Croix du curé
Croix des moines
Croix des moines
Croix de Bessouse
Croix de Bessouse
Croix de Lagrange
Croix de Lagrange

Des stèles commémoratives nous rappellent la violence d’un passé sanguinaire comme celle de la Pierre Plantée de Larénas qui témoigne depuis 1922 de cruels  mouvements religieux à la fin du 17ème siècle ou celle de Longuecamp qui rend hommage aux valeureux maquisards qui sont tombés  dans une embuscade pendant la deuxième guerre mondiale après avoir livré un combat acharné à l’armée allemande ou celle de la Borie Blanche en mémoire d’une catastrophe aérienne où périt François Hussenot, inventeur des premiers enregistreurs de vol, communément appelés « boîtes noires ».

Des nombreux petits monuments érigés au cours de l’histoire, comme les croix et les calvaires, gardent en mémoire les traces de fortes croyances religieuses. Les cimetières familiaux, pour la plupart d’obédience protestante, sont les témoins de longs conflits religieux.

Ardoisières
Les ardoisières de La Roussié
Ancienne Jasse
Une ancienne jasse
Tine de La Vayssière
La tine de La Vayssière
Ancienne cabane de berger
Une ancienne cabane de berger

On retrouve également traces plus ou moins importantes d’un passé industriel comme l’exploitation jusque vers le milieu du 20ème siècle d’ardoisières dans la forêt de Montagnol. Il existait également des fours à chaux dans lesquels on transformait par calcination du calcaire en chaux. La présence importante de bois suscitât au cours du 20ème siècle la production de charbons de bois pour l’alimentation des fours, ce qui permit  la fabrication d’armes en fer comme des épées.

Des ouvrages subsistent encore pour raconter l’histoire du Petit Train, chère aux habitants de ces contrées, qui permit de désenclaver ces territoires de montagne pendant la 1ère moitié du 20ème siècle, avant l’avènement des véhicules motorisés.

Certains bâtiments, réaffectés aujourd’hui, furent à l’origine des constructions à vocation militaire comme le château de la Barbasanié ou le bâtiment qui à ses origines fût une caserne de garnison et qui abrite aujourd’hui l’école publique et la mairie de la commune, au hameau de Castelnau de Brassac. Des habitations de maître évoquent également la grandeur passée de certaines familles.

En allant à la rencontre de tout ce petit patrimoine rural, on peut imaginer tout un monde de labeur quotidien (lavoir, fontaine), de travail agricole (bésals, abreuvoirs, cabanes, abris, jasses, pierres à battre le grain, nombreux murets en pierre sèche), de fortes croyances (croix, calvaire), de conflits religieux (cimetières familiaux).

 

Rochers de Peyremourou
Les rochers de Peyremourou
Maison de la forêt
La maison de la forêt de Montagnol
Statue-menhir de La Soulière
Le menhir de La Soulière

Ce territoire est riche d’un patrimoine naturel préservé : rochers pittoresques, sagnes et tourbières, ...

Comme sur l’ensemble des Monts de Lacaune, on rencontre, sur ce territoire, de nombreux mégalithes, patrimoine archéologique, preuve d’une vie très lointaine.

Des légendes viennent agrémenter le cours de l’histoire comme celle de la poche du diable qui remonte au 16ème siècle.

Des initiatives récentes à vocation pédagogique, mettent en exergue et renseignent le passant sur la réalité, passée et présente, de ce territoire comme l’installation de la maison de la forêt de Montagnol ou l’aménagement des sites de Puech Margot et de Peyremourou.

Le château de Ferrières

Château de Ferrières
Le château de Ferrières

Dans un acte de 1276, la seigneurie de Ferrières est citée pour la première fois. Les familles de Ermengaud Saisset et Bernard Talhefer se le partagent. Lors de la guerre de cent ans, les familles des deux co-seigneurs laïcs disparaissent et c'est Jean Guilhot qui obtient la seigneurie.

 Bien qu'aucun document historique ne le valide, c'est probablement Guillaume Guilhot, chef local huguenot, qui fait construire ou reconstruire le château dans la première moitié du XVIème siècle. Il fit de Ferrières une des places fortes des Réformés dans la région.

Un siècle plus tard, ses descendants, notamment Pierre III de Bayard devint, tout à l'opposé, persécuteur des protestants. Le château est alors transformé en garnison par le maréchal de Noailles. En effet, il est une place forte idéale de la lutte contre les protestants après la révocation de l'édit de Nantes.

Par décision royale, le château de Ferrières reçoit désormais une garnison permanente. Dans un mémoire de 1718, conservé aux archives communales de Fontrieu, le rôle de poste de surveillance du château est mis en avant.

Par la suite, en 1708, le château est transformé en prison. Plusieurs de ses tours sont restructurées pour accueillir les geôles. Certains prisonniers y sont enfermés sans jugement par lettre de cachet.

À la Révolution, le château de Ferrières est vidé de ses prisonniers et désarmé : il devient un bien national et sert de lieu de réunion.

Le 14 messidor an IV (3 juillet 1796) le citoyen Mialhe achète le bien pour la somme de 10 800 francs. Suivant le cahier des charges de la vente, les emblèmes de la féodalité devaient être immédiatement détruits et les tours abaissées au niveau des toitures. Les emblèmes féodaux sont alors plus ou moins mutilés et les deux tours de l'avancée découronnées.

Le 19 mai 1925, le château est inscrit aux Monuments Historiques.

En 1968, la communauté protestante y installe le musée du protestantisme grâce aux dons de familles de la région. Après avoir été transféré dans une maison du hameau de Bonifazy, dénommée Maison du Luthier, il est implanté depuis août 2010 dans de nouveaux locaux situés dans le vallon de La Ramade, à quelques centaines de mètres du château.

Le 10 mai 1988, le château est classé, pour partie, aux Monuments Historiques.

La Pierre plantée

La Pierre Plantée de Larénas

En 1689, après la révocation de l'Édit de Nantes en 1685, les communautés protestantes sont contraintes de se retrouver en secret pour échapper aux troupes royales, c'est le temps des assemblées du désert.

Lors de l'une d'entre elle, à Saint-Jean Del Frech sur la commune de Lacaze, une cinquantaine de personnes furent massacrés par les dragons du Roi mis au courant par une dénonciation et sur ordre du baron de La Crouzette, Pierre III de Bayard. Le prédicant Corbière de la Sicardié s'échappa avec trois autres personnes. Après une course dans la forêt de Montagnol, les troupes royales rattrapèrent les quatre individus au lieu-dit Larénas à 4,7 km à vol d'oiseau de Saint-Jean Del Frech. La tête du prédicant fut massacrée sur une pierre qui garde aujourd'hui encore les stigmates de ce jour funèbre. En effet, une tâche de couleur rouge y est présente.

Un monument y fut érigé en 1922 et un rassemblement s'y tient chaque quatrième dimanche du mois d'août. La Pierre Plantée de Larénas bénéficie, de par son inscription, d'une protection au titre des Monuments Historiques

Le couvent d'Ouillats

Rotonde d'Ouillas
La Rotonde d'Ouillas
Rotonde d'Ouillas
La Rotonde d'Ouillas

En 1815, après la bataille de Waterloo, Napoléon est envoyé en exil sur l'île de Sainte Hélène. Son oncle, le cardinal Fesch, archevêque de Lyon, obligé de quitter la France, se retire à Rome. Monseigneur Gaston de Pins administre le diocèse en son nom. Originaire de Montségou, à quelques kilomètres en amont de Brassac, il possède une grande maison dans le hameau d’Ouillats.

Dans le même temps, l’institut des sœurs de Saint-Joseph, fondé au Puy-en-Velay au XVIIème siècle connaît un nouvel essor après la Révolution. Elles sont installées à Lyon.

Le cardinal Fesch souhaite établir une fondation de cet institut à Rome avec quatorze d'entre elles. Des circonstances empêchent la réalisation du projet et c'est monseigneur de Pins qui les oriente vers le Tarn : neuf d’entre elles s’arrêtent à Saint-Pons dans l’Hérault, les cinq autres arrivent dans sa demeure d’Ouillats, elles y fonderont une congrégation. En 1824, un couvent de l'institut des sœurs de Saint-Joseph voit le jour sur les flancs de la montagne du Clap à Ouillats, alors sur le territoire la commune de Castelnau-de-Brassac.

En 1834, l’aumônier Chamayou prend la décision de construire sur les hauteurs du couvent la Rotonde, une chapelle de forme ronde. En 1878, la Rotonde est agrandie : le large couloir servant de sacristie devient le chœur, tandis que l’on construit à l’arrière une nouvelle petite rotonde qui forme la nouvelle sacristie. La Rotonde ainsi que son chemin de croix paysager sont aujourd'hui protégés par une inscription au titre des Monuments Historiques.

Les sœurs de Saint-Joseph tiendront une école de filles à Ouillats, un pensionnat et une école d'enseignement ménager. Les dernières sœurs quitteront les lieux en 1992.

L'embuscade des maquisards de Longuecamp

Le 5 août 1944, les maquisards planifient une embuscade entre Longuecamp et Cambous. Ils attendent dans l'après-midi un convoi de troupes allemandes au départ de Castres en direction de Lacaune. Les résistants doivent intercepter des unités blindées ainsi que trois ou quatre bus de troupes.

Malheureusement pour les maquisards, une probable dénonciation a mis les troupes ennemies au courant. Ces dernières empruntent le chemin inverse, de Lacaune à Brassac sur ce qui est aujourd'hui la route départementale 622. De plus, elles ont deux heures d'avance sur l'itinéraire prévu. L'effet de surprise est donc du côté allemand.

Les échanges de coups de feu sont nombreux. Grâce au courage des résistants et aux salves de leurs fusils mitrailleurs, l'ennemi bat en retraite. Trois officiers maquisards sont blessés : deux légèrement, un autre gravement atteint : Robert Chevallier. Le lieutenant Chevallier est transporté à l'hôpital de Lacaune où il succombe à ses blessures. Ses dernières paroles furent "Je n'ai plus qu'un souffle de vie, mais laissez-moi lutter". Aujourd'hui, une stèle du maquis leur rend hommage sur les lieux de l'embuscade.

Le Petit Train

En 1880 une loi permet aux élus du département de décider la création et la concession d'un chemin de fer d'intérêt local. Dès le début des années 1880, deux blocs s'affrontent. L'un veut relier Graulhet et ses produits issus de la mégisserie à une grande ligne existante. L'autre souhaite la réalisation d'un réseau qui désenclaverait la Montagne depuis Castres en desservant ainsi Roquecourbe, Vabre, Gijounet, Lacaune et Murat avec une ramification de Vabre à Brassac. Les débats sont vifs en raison des contraintes techniques mais plus sûrement pour des raisons politiques. Les principaux promoteurs de la ligne de la Montagne sont Dubernard, le baron René Reille et le Vicomte Ludovic de Naurois. Les hommes politiques d'alors n'arrivent pas à trouver un consensus, le projet est donc mis en veille. En 1892, de nouvelles élections départementales redessinent le paysage politique du Tarn. Édouard Barbey arrive à convaincre les derniers réticents et le projet du Petit Train s'enclenche.

Le chantier commence en 1902 et dès 1905, le train circule entre Castres et Vabre, puis à partir du Bouissas jusqu’à Brassac, en empruntant pour partie les communes historiques de Ferrières et de Castelnau.

Trois gares sont présentes sur le territoire de ces deux communes historiques : Luzières, Ferrières et Saint-Agnan. Ce moyen de locomotion est alors très usité par les habitants.

Après la seconde guerre mondiale, les progrès de l'industrie automobile en réduisent sa fréquentation. La ligne n'est plus rentable et le dernier train circule le 31 décembre 1962. Le réseau est rapidement déferré.

Aujourd’hui, un aménagement de l'ancien tracé en voie verte est à l’étude. Presque tous les ouvrages d’art et plusieurs abris sont encore visibles. Quelques-uns ont même été récemment restaurés, témoignages concrets de cette aventure ferroviaire exceptionnelle.

Les mégalithes

Menhir de La Tour
Menhir de La Tour
Statue-menhir de Planissard
Statue-menhir de Planissard

Les premiers paysans et éleveurs de la fin de la préhistoire (3300 à 2200 ans avant J.C.) ont façonné et dressé des mégalithes.
Les vestiges archéologiques les plus emblématiques sont, sans nul doute, les menhirs et les statues-menhirs

Les menhirs sont des pierres plantées dont la forme volumique est aménagée. Une statue-menhir est une pierre gravée ou sculptée d’attributs significatifs représentant un personnage masculin ou féminin.

Les attributs de la statue masculine sont un objet poignard maintenu par un baudrier et une ceinture équipée d’une boucle. Un tatouage sur le visage, la présence de seins, un collier, une pendeloque et une ceinture sont ceux de la statue féminine.

Sur la commune ont été identifiés et dénombrés sept menhirs (Biot, Cap de Crabe, La Bessarrié, La Pierre Plantée, La Tour de Rouquisse, Les Plots et Le Saut de Lègue) et cinq statues-menhirs (Cambous, La Soulière, Le Teil, Longuecamp et Planissart)

Pour obtenir des informations complémentaires vous pouvez vous adresser à l’Association Archéologique des Mégalithiques Brassac-Sidobre.

La légende de la Poche du Diable

Poche du diable
La poche du diable

Au XVIème siècle, alors que messire Guilhot de Ferrières, chef des Huguenots, était accusé par les papistes d'avoir des relations avec Satan, les consuls de Ferrières ou de Vabre s'adressèrent au malin pour qu'il construise un pont à Thessauliès qui serait dénommé le pont du Diable. Ce terme générique désigne plusieurs dizaines d'anciens ponts qui, dans le folklore local, auraient été construits, soit par le diable, soit avec son aide, ou dans certains cas contre ses désirs. Le Diable a peu d'imagination : il réclama l'âme du premier qui passerait sur l'ouvrage. Guilhot avait voyagé et il conseilla aux consuls d'accepter. « Nous y feront passer l’âne du meunier de Record. » Les consuls en rirent beaucoup dans leurs alcôves. Leurs épouses le confièrent à toutes leurs amies. Lucifer qui arrivait, les poches gonflées de rochers pour établir le pont, entendit les bavardes. Courroucé, il vida ses poches sur la pente et pris congé des Sidobriens. Les cailloux roulèrent, en éboulis, sur les contreforts des rives de l'Agoût et formèrent la "poutsado dal Diablé" (La poche du Diable).