Courrier d'Information de la commune de Fontrieu - Juin 2018 - n°5

Chroniques d’antan P A G E 2 5 J U I N 2 0 1 8 N ° 5 Au XXI ème siècle que savons-nous de l’éco- le de la République de 1950 ? Que nous apprend-elle ? A cette époque, le certificat d’études pri- maires et élémentaires était encore en vi- gueur. Pour l’élite des écoles primaires, un examen d’entrée en sixième au collège permettait aux heureux lauréats de pour- suivre des études. J’ai vécu cette période. Aujourd’hui, elle paraît si invraisemblable qu’il me semble que je dois vous la faire revivre. Ce matin de printemps 1950, deux hom- mes nous barrent la route au niveau du « Pountil » alors qu’une voix de stentor raisonne dans le vallon « Gare à la mine, gare à la mine ». C’est sûr Jean Roger, il en avait de la voix. L’entreprise Soulet qui ex- ploitait la carrière de « La Coste » était en pleine activité. En attendant que les déflagrations pro- grammées se soient faites entendre, com- mençons l’appel : d’Armengaud, Evelyne Malhie, de Notre-Dame, René Guiraud de- vrait être là ; sa situation familiale précipi- tant les choses, en début d’année scolaire ou l’année précédente, il est entré au collè- ge pour une carrière d’instituteur. Un mot sur sa sœur Eva. Au cours d’une conversa- tion, je la félicitais d’avoir passée et obte- nue le certificat d’études à 13 ans. Elle m’a- vait répondu : « Le certificat ! Je l’ai passé à 12 ans, qu’est-ce que j’aimais l’école, et le français, un délice ». La route est ouverte, les sept ou huit en- fants se rapprochent de l’école. Continuons l’appel. De La Pause, Jean Maraval et son tout jeune frère Henri, de La Vayssière, Suzanne Mialhe. Depuis 1915-1916, les enfants du hameau de Cazalits viennent à l’école à Ferrières. Très gratifiant pour les garçons, beaucoup moins pour les filles. M me Cauquil qui avait en charge les jeunes filles n’usait pas tou- jours à leur égard d’un langage châtié : « Hé ! Foutues courges, regardez si vous voyez un âne voler » ou « Vous êtes là plantées devant une fraction comme les ânes des chiffonniers devant la porte des maisons ». En 1950 c’est l’année du certificat pour Jean Calvet. Madame Lagasse l’appelait Jeanoux. Il n’avait pas de facilité mais il le voulait le diplôme. Rien ne l’arrêtait. Se lever tôt, l’hiver allumer le feu et réviser, réviser, réviser. Ah l’hiver, le froid ! Un jour, il lui a joué un mauvais tour. Comme protection contre les intempéries nous avions des capes en tissu. Elles proté- geaient peut-être, mais elles s’impré- gnaient d’eau quand il pleuvait. Si les jours de pluie se succédaient, elles n’avaient pas le temps de sécher. Un matin d’hiver, sur le chemin de l’école à proximité du « pountil », Jeanoux ressent comme une chape sur le dos. Il s’ébroue, quitte une cape toute raide qui tient droit sur la route. Je la revoie très bien ainsi, la capuche légè- Le certificat d’études primaires et élémentaires en 1950

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